Notre Unité Pastorale

Homélie pour le 22ème dimanche du Temps Ordinaire

L’écoute et l’accueil de la Parole de Dieu nous conduisent à une rencontre personnelle avec Celui qui nous parle et qui nous rejoint dans notre vie. Il n’y a plus de distances, Dieu est parmi nous, il se fait proche de nous et, par le Verbe fait chair, il vient partager toute la réalité de notre humanité. Comme cela peut se vérifier tout au long de l’histoire du peuple de Dieu et de notre histoire personnelle, les paroles de Dieu disent son amour et sa fidélité, sa tendresse et sa miséricorde. Elles disent aussi la radicalité de ses appels et les exigences concrètes d’une vie avec lui. Ces paroles touchent tout d’abord notre cœur et c’est ainsi que le prophète Jérémie peut reconnaître : Seigneur, tu m’as séduit, et j’ai été séduit. C’est cela le fruit et l’enjeu de notre rencontre personnelle avec Dieu : nous laisser séduire par Celui qui est tout Amour. Et découvrir qu’en dehors de cet Amour, nous ne sommes pas pleinement nous-mêmes.

L’amour reçu est aussi l’amour partagé et nous sommes heureux de participer à notre vocation baptismale qui fait de nous des prophètes au service de l’annonce d’une Bonne Nouvelle qui prend chair en notre vie d’hommes et de femmes. Ce que nous avons entendu, il nous appartient maintenant de le transmettre. Jérémie a déjà été confronté à la difficulté d’annoncer une parole que ses contemporains ne voulaient pas entendre. Mais il ne s’est pas tu pour autant. Le prophète est conscient que la Parole qu’il porte ne vient pas de lui et que cette Parole est pour la vie de chacun et de tout le peuple. S’il est choisi, c’est pour que cette Parole soit proclamée et, qu’elle soit accueillie ou non, il vit sa mission au service de l’annonce. Il peut arriver qu’aujourd’hui encore on soit face à l’insulte ou à la moquerie lorsque l’on proclame l’Evangile ; il peut arriver que l’on se dise, puisque c’est ainsi, je ne parlerai plus au nom du Seigneur. Tout cela, Jérémie l’a aussi éprouvé. Mais écoutons-le lorsqu’il nous dit que cette Parole de Dieu est comme un feu brûlant dans notre cœur et qu’il ne nous est pas possible de la taire ou de la réserver à quelques-uns alors qu’elle est pour la vie de tous et de chacun. Il est bon d’entendre cela au début d’une nouvelle année pastorale et de nous rappeler que l’annonce de l’Evangile, c’est notre mission commune et notre vocation baptismale.

Annoncer l’Evangile, c’est aussi mettre nos pas dans les pas du Christ et le suivre sur tous les chemins de notre humanité. Jésus nous dit que ces chemins d’amour nous inviteront au don de nous-mêmes dans une actualisation du mystère pascal. Ce n’est qu’en regardant le Christ, ce n’est qu’en renouvelant notre adhésion personnelle au Verbe fait chair, ce n’est qu’en apprenant à consentir comme lui à la volonté du Père que nous pourrons vivre nous aussi ce mystère de mort et de résurrection qui est gage de la victoire de l’amour et de la vie. Imaginer ou rêver d’autres chemins nous exposeraient à la remarque de Jésus : tes pensées ne sont pas celles de Dieu. Les événements de la passion et la perspective de la croix effraient Pierre et les apôtres et ils ont du mal à accepter que Dieu choisisse ainsi de témoigner de son amour. Ecarter ou refuser la croix, c’est faire l’œuvre de Satan car c’est écarter ou renoncer au signe qui atteste que Dieu est amour et que son œuvre est d’offrir le salut à tous. La passion et la croix sont au cœur de l’être et de la mission du Christ et c’est là qu’il manifeste et accomplit la volonté de son Père. C’est là qu’il terrasse à jamais la puissance du mal et fait que la mort n’a plus le dernier mot.

Et puis Jésus nous invite en nous disant : si quelqu’un veut marcher à ma suite. Il nous appelle et attend notre réponse. Il s’agit bien de marcher et non de faire du sur place ; il s’agit de marcher à sa suite et non pas selon notre imagination et nos seuls désirs humains. Cela nous renvoie à notre responsabilité de baptisés. Nous ne recevons pas le baptême pour appartenir à un groupe, à une association ou à un club mais pour devenir des suiveurs du Christ, pour entrer dans cette belle histoire d’un peuple de marcheurs et de pèlerins. Nous avons marché pour répondre à l’invitation du Christ qui nous rassemble, nous nourrit et nous envoie. Et maintenant, nous allons marcher pour aller à la rencontre de tous nos frères et sœurs qui n’ont pas encore reçu, ou qui ont oublié, la lumière de Pâques et la proximité de l’amour de Dieu. Pour éviter de nous tromper de chemin, Jésus nous propose de ne pas oublier la croix. Elle est notre bâton de marche et le rappel incessant qu’à la suite du Christ, nous qui portons le nom de chrétien, nous sommes au service de l’amour vainqueur, au service de la vie qui triomphe de la mort. A quoi bon gagner le monde entier si ce n’est pas, si ce n’est plus, l’amour qui guide nos pas et nourrit notre espérance ?

Entendons aussi l’exhortation de saint Paul qui nous appelle à nous laisser renouveler par la puissance de l’Esprit Saint afin de savoir discerner, accueillir et répondre à la volonté de Dieu. En marchant ainsi dans la vie, nous pourrons lui plaire, servir son œuvre d’amour et tout notre être sera dans l’action de grâce.