Notre Unité Pastorale

Homélie pour le 23e dimanche du Temps Ordinaire

L’évangile qui vient d’être proclamé et que nous avons acclamé parce qu’il est Parole de Dieu pour nous aujourd’hui, nous invite à être conscient de notre responsabilité de baptisés et à être des serviteurs de la miséricorde. Nous ne pouvons pas oublier que cette Bonne Nouvelle est une vraie nourriture qui vient nous transformer et agir au plus intime de nous-mêmes. Ce que nous écoutons, nous avons la responsabilité de le vivre et de le transmettre. Cet évangile est une parole vivante et c’est le Verbe fait chair que nous accueillons afin de conformer notre vie à son exemple.

A l’écoute du prophète Ezéchiel, nous découvrons que nous sommes choisis pour être comme des guetteurs. La Parole nous a révélé que nous sommes créés pour être dans une communion de vie et d’amour toujours plus intense avec Dieu. Notre but est d’être un avec Dieu et, par lui, de vivre la communion avec nos frères et sœurs. Le guetteur montre la direction, il rappelle que toute vie a un sens et que la création est orientée, pour ne pas dire attirée, vers son Créateur. Le guetteur est aussi celui qui avertit et engage à la vigilance pour éviter ou affronter les difficultés et les épreuves du chemin. Il est aussi celui qui encourage et entretient la confiance. Il ne se réjouit pas de la chute des autres mais il est cette main tendue, ce cœur offert, qui permettent de se relever et de reprendre la route.

Le guetteur, c’est aussi celui qui met en pratique, dans des réalisations très concrètes, l’amour du prochain. Le prochain n’est pas pour lui un étranger, un intrus ou un ennemi. Il est un frère avec lequel il se sait appelé à vivre l’amour mutuel. Saint Paul vient d’ailleurs de nous dire que le plein accomplissement de la Loi, c’est l’amour. C’est cet amour qui donne une vraie saveur à ce que nous sommes et à ce que nous vivons. C’est ce même amour qui devrait être la caractéristique première de nos assemblées et de nos communautés. Le signe distinctif des chrétiens, c’est justement l’amour tel qu’ils le reçoivent du Christ et qu’ils apprennent à le vivre à son image.

Le guetteur, sait aussi accompagner son frère sur les chemins de la vie quotidienne. Il est un cœur qui écoute, une présence attentive et fraternelle. Lorsqu’il voit que son frère s’égare ou oublie la beauté de son humanité et de sa vocation d’enfant bien-aimé du Père, il prend l’initiative. Non pas pour faire la leçon, encore moins pour faire des reproches, mais pour aider à retrouver la route, pour rappeler le cap et marcher avec lui. Il ne peut rester silencieux lorsque l’homme est menacé dans sa dignité et dans sa liberté. A lui de trouver les mots et les gestes qui signifieront qu’au-delà de l’erreur ou de la faute, il y a un champ pour une espérance et une vie nouvelles. En cela, le guetteur est au service de la miséricorde vécue comme un nouveau départ. Servir la miséricorde, c’est se mettre au service de l’amour vainqueur et de la vie. En suivant Jésus Christ, nous apprenons jour après jour à faire confiance en la toute puissance de l’amour. En nous, et dans la vie des autres, ce n’est pas le péché qui doit avoir le dernier mot et qui doit s’imposer comme une fatalité à laquelle nous ne pourrions pas échapper. Jésus est venu parmi nous pour manifester que l’amour est vraiment source de vie et de renouveau. Cet amour est toujours offert et disponible. Et Jésus, en nous aimant jusqu’au bout, en nous aimant au-delà de toute mesure, nous a montré le projet de son Père : sauver toute l’humanité.

Aujourd’hui, Jésus nous demande de travailler avec lui à la victoire de l’amour, de la vie, de la miséricorde. C’est pour cela qu’il nous demande d’être inventifs et de tout faire pour aider nos frères et sœurs à accueillir la grâce de la réconciliation et de la paix. Nos communautés de baptisés devraient rayonner de cette puissance de l’amour vécu et partagé. Leur mission et leur responsabilité est d’être des foyers d’amour au cœur d’un monde désorienté. Ce n’est que par l’amour réellement vécu entre nous que nous pourrons être les témoins de la présence du Christ ressuscité. Alors, mettons-nous d’accord pour demander ensemble cette grâce de nous laisser nous-mêmes revêtir par la tendresse de Dieu. L’urgence n’est pas dans la réforme des structures mais dans la conversion des cœurs, de notre cœur. Seule la douceur et la simplicité d’un amour vrai peut briser la carapace d’égoïsme et d’orgueil qui entoure tant de nos relations.

Aujourd’hui, nous sommes plus que deux ou trois réunis au nom du Seigneur et il est là au milieu de nous. C’est lui qui nous apprend à vivre et à aimer. C’est lui qui nous révèle la joie d’être les enfants bien-aimés du Père. C’est lui qui nous choisit pour être les serviteurs de la miséricorde. Soyons donc des guetteurs vigilants et efficaces, des hommes et des femmes passionnés par l’amour de Dieu et qui le vivent dans leur quotidien. Alors nous pourrons dire en vérité : que ton règne vienne.