Notre Unité Pastorale

Homélie pour le 24e dimanche du Temps Ordinaire (Fête de rentrée de l'unité pastorale)

« Nous vivons pour le Seigneur », « nous appartenons au Seigneur »… voilà deux phrases de saint Paul que nous pouvons garder dans la mémoire de notre cœur. Et, si nous les gardons, c’est pour que nous apprenions à les mettre en pratique, à les vivre dans l’ordinaire de nos jours, dans la diversité de nos vocations personnelles. Nous ne vivons pas pour le Seigneur seulement lorsque nous sommes rassemblés à l’église car nous ne sommes pas appelés simplement pour rester entre nous. C’est toute notre vie familiale, nos relations sociales et amicales, nos engagements dans le monde et dans l’Eglise, qui sont marquées pour cette mission de vivre pour le Seigneur et de lui appartenir. Au sein de notre unité pastorale, dans les services que les uns et les autres assument pour l’annonce de l’Evangile et l’attention aux autres, dans l’accueil que nous nous vivons entre nous et que nous offrons à celles et ceux qui sont encore sur le seuil ou plus éloignés encore de nos communautés, nous avons le désir de vivre pour le Seigneur et de lui appartenir. En fait, depuis le jour de notre baptême nous vivons pour le Seigneur et nous lui appartenons. Lorsque nous répondons à ses appels et qu’en toute liberté nous sommes disponibles pour l’accomplissement de sa volonté, nous vivons pour le Seigneur et nous lui appartenons. Lorsqu’à la suite de Jésus et parce que nous sommes enracinés en lui, nous choisissons les chemins de l’amour et de la vie, nous manifestons que nous vivons en lui. Etre chrétien, ce n’est pas seulement une étiquette ou une formule écrite sur un certificat. Etre chrétien, vivre son baptême, cela signifie vivre pour le Seigneur et lui appartenir. Au-delà ou en amont de tout ce qu’il y a à faire, c’est d’abord ce « vivre pour le Seigneur », cette appartenance au Seigneur, qui sont caractéristiques de notre adhésion au Christ et de notre désir d’être ses disciples missionnaires.

            Tout ce qui est proposé au début d’une année pastorale, tous les documents distribués, tous les projets annoncés, tous les rêves de rejoindre le plus grand nombre… ne sont que l’expression de notre désir et de notre joie de vivre pour le Seigneur et de lui appartenir. Vivre pour le Seigneur et lui appartenir, voilà ce qui est au cœur de notre vie et de notre chemin de conversion. Voilà aussi l’objectif de la mission que nous recevons de l’Eglise : dévoiler le vrai visage de Dieu, permettre la rencontre personnelle avec le Christ, construire des communautés vivantes et rayonnantes, servir la vérité de la personne humaine. Tout ceci pour qu’ensemble, en famille rassemblée et unie, nous vivions pour le Seigneur dans le bonheur partagé de lui appartenir.

            A sa manière, saint Paul nous invite à être enracinés en Jésus Christ, à cultiver notre communion avec lui, à nous laisser sans cesse renouveler par le souffle de vie qu’il nous obtient du Père. Et, la première manifestation de cet enracinement dans l’amour, c’est notre disponibilité à vivre entre nous la miséricorde. Vivre pour le Seigneur, c’est aussi accepter d’être toujours en apprentissage sur la voie de l’amour. Il nous faut du temps et il nous faut affronter de nombreux combats intérieurs pour découvrir ce que signifie en vérité « vivre pour le Seigneur ».

De Ben Sira le Sage jusqu’à l’évangile, c’est le même message qui est transmis comme une parole à vivre. Et ce message est aussi l’appel à un engagement, à une mission. Il ne suffit pas d’annoncer la miséricorde, il nous faut en témoigner et être à son service. Nous retrouvons-là un défi qui va nous accompagner tout au long de cette année pastorale : faire en sorte que la Parole écoutée, que ce soit dans la liturgie, dans la catéchèse, dans les rencontres d’Evangile à la maison, dans la préparation aux sacrements… soit aussi la Parole que nous apprenons à vivre, à mettre en pratique d’une manière simple et concrète. Vivre la Parole, c’est vivre avec le Seigneur. Le disciple missionnaire, autrement dit chacune et chacun de nous, est d’abord enraciné en Jésus Christ et c’est ainsi qu’il devient apôtre, envoyé en mission. Parce qu’il est enraciné en Jésus, il devient rayonnement de sa présence et de son amour toujours offert, sans aucune limite.

Parce qu’il était en pleine et parfaite communion avec son Père, Jésus a manifesté sa miséricorde dans chacune de ses rencontres. Annoncer, témoigner et servir la miséricorde, cela signifie annoncer, témoigner et servir le Christ qui donne sa vie pour que ses amis soient vivants en lui et par lui. Alors, ne gardons pas notre regard seulement attaché aux actes qui ont été commis mais voyons les personnes qui sont encore en attente de la Bonne Nouvelle et de la Parole qui leur permettra de poursuivre la route dans la confiance et dans la paix, voyons les personnes qui sont assoiffés d’un amour qui donne sens à la vie. Ne mettons pas de limites alors que nous sommes appelés à annoncer, témoigner et servir le Christ et nos frères et sœurs. Ne comptons pas lorsqu’il s’agit de manifester la puissance de l’amour et ne fermons pas les portes comme si cet amour n’était que pour nous et notre confort individuel.

« Si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur »… En ce début d’année pastorale, nous redisons notre volonté de vivre pour le Seigneur, de vivre avec lui, de vivre en lui, de vivre par lui. Nous choisissons d’être enracinés en Jésus et d’accueillir la mission qu’il confie à chacune et chacun d’entre nous. C’est lui qui nous choisit, nous appelle et nous envoie pour l’annonce, le témoignage et le service. Alors, en toute confiance, redisons avec saint Nicolas de Flüe : « Ôte de moi tout ce qui m’empêche d’aller à toi ; donne-moi tout ce qui m’attire vers toi ; prends tout ce qui est à moi, que je sois tout à toi. »