Notre Unité Pastorale

Homélie pour le 25e dimanche du Temps Ordinaire (chapelle des Martinets, église Saint-Pierre)

Le prophète Isaïe nous lance une invitation : cherchez le Seigneur ! L’apôtre saint Paul proclame sa foi : pour moi, vivre c’est le Christ. Et Jésus fait retentir son appel : je vous embauche comme des ouvriers pour ma vigne. Voilà des paroles qui viennent nous réveiller dans notre vie de foi et dans notre marche à la suite du Christ. Ce que nous venons d’écouter, il nous faut apprendre à le retenir dans notre cœur et à le mettre en pratique. Cette Parole de Dieu que nous recevons comme une lumière et un guide nous permet de nous laisser rejoindre par le Christ car c’est lui qui prend l’initiative de venir à notre rencontre.

Alors, sommes-nous vraiment des chercheurs du Seigneur ? Avons-nous le désir de nous mettre à l’écoute de sa Parole et de le rencontrer ? Sommes-nous prêts à nous laisser surprendre par ses appels et à trouver de nouveaux chemins pour notre vie humaine ? Notre risque personnel et c’est aussi le risque de nos communautés, est de vivre dans une certaine léthargie, de nous contenter des vieilles habitudes, de répéter sans cesse les mêmes refrains… Nous oublions parfois que la Parole de Dieu est chaque jour nouvelle et que le projet d’amour de Dieu est pour notre vie d’aujourd’hui. Mais, comme des chercheurs, nous avançons avec confiance et nous sommes joyeux de découvrir que le Seigneur marche avec nous. Alors que nous sommes parfois enfermés dans nos pensées et nos certitudes, il vient élargir notre horizon pour que nous sachions voir comme lui voit, pour que nous apprenions à ouvrir nos mains comme lui a étendu ses bras pour accueillir tout l’univers. Chercher le Seigneur, cela signifie que nous acceptons d’apprendre encore, de nous laisser saisir et séduire, d’approfondir notre relation d’intimité avec ce Dieu qui est notre Père et qui est riche en miséricorde. Chercher le Seigneur, c’est être disponible pour accueillir le projet de Dieu et servir l’accomplissement de sa volonté.

Comme saint Paul pourrions-nous dire, « pour moi, vivre, c’est le Christ » ? Le moment décisif dans l’expérience personnelle de l’apôtre a été sa rencontre avec le Ressuscité et, à partir de ce moment-là, toute sa vie a été mise à la disposition du Seigneur. Il n’a rien renié de son passé mais il a dit « oui » à une vie nouvelle. Pour nous, il peut en être de même. Si nous nous en tenons à une relation formelle et distante avec le Christ, nous ne pourrons pas nous abandonner vraiment à son amour et découvrir la joie de vivre en sa présence. Si le temps que nous lui accordons est régi plus par notre montre que par notre désir d’être avec lui et de nous laisser entraîner par lui sur les chemins de l’annonce joyeuse de son évangile, nous risquons de passer à côté d’une vraie rencontre. Le Christ ne s’intéresse pas seulement à une partie de nous-mêmes ou de notre agenda. Quand il se donne, il se donne en vérité et en plénitude. Il se donne au-delà de toute mesure. En amour, soit on donne tout, soit on ne donne rien. Et c’est sur ce chemin que Jésus nous entraîne et que saint Paul a appris à marcher. Le regard d’amour du Christ enveloppe toute notre vie et quoique nous fassions, nous pouvons manifester sa proximité. Toutes nos actions peuvent être revêtues d’une dimension nouvelle si nous les vivons en communion avec lui, si nous les vivons comme une occasion unique de rendre son amour présent.

Et maintenant, sommes-nous prêts pour travailler à la vigne du Seigneur ? L’appel de Jésus n’est pas réservé à quelques-uns. Il rejoint les ouvriers de la première comme de la dernière heure. C’est bien chacune et chacun de nous qui est appelé. Mais il nous arrive de ne pas entendre, ou de ne pas vouloir entendre. Jésus est persévérant et nous redit sans cesse : venez à ma suite, venez travailler avec moi à l’accomplissement de la volonté du Père, venez et devenez des bâtisseurs d’un monde nouveau, venez et soyez des artisans de paix. Nous ne sommes pas appelés pour rester les bras croisés mais pour être des ouvriers efficaces. Nous ne sommes pas choisis pour être des membres passifs ou émérites d’une quelconque association, mais pour être les pierres vivantes de l’unique construction qui est le Corps du Christ. Nul d’entre nous ne peut dire « cela ne me concerne pas ». Si tel était le cas, c’est que nous aurions oublié ou renié les engagements de notre baptême et de notre confirmation. La vigne du Seigneur, c’est son peuple, son Eglise, c’est aussi le monde et c’est là que nous sommes envoyés comme des ouvriers pour rebâtir ou restaurer. C’est là que nous sommes appelés à semer une espérance nouvelle et à a rappeler la beauté de la vie humaine et la grandeur du projet de Dieu.

En travaillant ainsi, nous donnons une visibilité au royaume de Dieu qui n’est plus alors une simple promesse pour un futur toujours plus lointain, mais une réalité à vivre dès à présent. Ne perdons pas notre temps à nous évaluer ou à nous comparer pour savoir qui est digne ou pas digne de ce royaume. Prenons au sérieux, prenons à cœur les paroles de Jésus et mettons-nous concrètement au service de son œuvre d’amour et de salut. Que nous soyons premiers ou derniers, nous sommes toutes et tous attendus, toutes et tous invités.