Notre Unité Pastorale

Homélie pour le 26e dimanche du Temps Ordinaire (Villars-sur-Glâne)

Frères et sœurs dans le Christ,

Il y a un dicton qui dit que « l’enfer est pavé de bonnes intentions ! » Il me semble que cela illustre pleinement la parabole que Jésus vient de nous donner dans l’E­vangile. En effet, il ne suffit pas de dire ‘oui, oui’ pour faire la volonté du Père. Evidemment, quand le 1er fils a dit non à son Père, cela ne lui a certainement pas fait plaisir non plus, mais il a fait ce qu’il devait faire et ainsi la volonté du maître a été réalisée et c’est cela qui compte. L’autre a dit oui du bout des lèvres, comme pour se débarrasser d’une corvée. Finalement, le jugement se fera donc non sur le DIRE, mais sur l’AGIR. Déjà le prophète Ezéchiel, annonçant la Parole de Dieu, rappelait que si le juste se mettait à faire le mal, il serait jugé comme les mé­chants. Par contre, si un méchant se repentait et se mettait à faire le bien, Dieu le compterait parmi les justes.

De fait, ce jugement prépare déjà la parole de l’Evangile : le message de Jésus. En effet, ses interlocuteurs n’avaient que la Loi en tête. Ils se vantaient comme le pharisien de faire tout juste… et négligeaient le service des pauvres. Ils ne vou­laient surtout pas se mêler aux publicains et aux pécheurs de crainte d’être souil­lés, de devenir impurs. Ils mettaient ainsi des étiquettes sur la tête des gens et pensaient que Dieu les condamnerait à tout jamais. Dans leur esprit, aucune chan­ce de repentir. Nous savons combien ils avaient tort : à preuve dans l’entou­ra­ge de Jésus : Matthieu, un publicain, Marie Madeleine, une pécheresse publi­que. Et Jésus l’a d’ailleurs affirmé plusieurs fois : il est venu pour sauver les brebis perdues d’Israël ! Nous l’avons entendu : ce sont surtout les publicains et les pros­tituées qui ont écouté Jean-Baptiste et se sont repentis. Jésus insiste pour mon­trer l’importance de ce dernier qui marchait « sur le chemin de la justice ». Non pas celle des hommes, mais celle de Dieu : justice et miséricorde ne font qu’un chez lui. À ce propos, permettez-moi de citer le pape François : « Si Dieu s’arrêtait à la justice, il cesserait d’être Dieu ; il serait comme tous les hommes qui invo­quent le respect de la loi. La justice seule ne suffit pas et l’expérience montre que faire uniquement appel à elle risque de l’anéantir. C’est ainsi que Dieu va au-delà de la justice avec la miséricorde et le pardon. » 

Nous ne devons pas avoir peur du jugement. Nous avons été créés libres, raison pour laquelle nous avons régulièrement à faire des choix et à agir en conséquen­ce. Par exemple lors de la cérémonie du baptême, il est expressément demandé de renoncer au chemin du mal. C’est particulièrement important pour les parents, parrains et marraines qui sont responsables de la vie intérieure et spirituelle de l’enfant. Dans chaque sacrement, l’homme est invité à choisir. Il fait des promes­ses et c’est là que nous rejoignons la parabole des deux fils. Il faut, comme on dit, ‘tenir ses promesses’.

Il n’y a d’ailleurs pas que le choix entre le bien et le mal, mais aussi entre le bien et le mieux pour l’édification de la communauté. Tout à l’heure, St-Paul l’affir­mait : « Si l’on se réconforte les uns les autres, si l’on s’encourage avec amour, si l’on est en communion dans l’Esprit…, alors ma joie sera complète ! » Et plus loin : « Recherchez l’unité… » C’est tout un programme. Le danger, dans notre monde occidental axé sur le faire, sur l’efficience et la performance, c’est de vivre et d’a­gir de manière individuelle, poursuivant « ses propres intérêts », comme nous dit encore une fois St Paul. Heureusement, à chaque époque de la vie de l’Eglise, nous avons eu et avons des prophètes pour nous rappeler que si nous sommes chrétiens, nous ne pouvons nous sauver tout seul. Le grand commandement de l’amour est suffisamment clair pour nous faire comprendre que vivre pour soi et de manière égoïsme n’est pas chrétien.

Ainsi, frères et sœurs, rendons grâce à Dieu pour son amour inépuisable. Con­fions-lui tous ceux et celles que la société bien-pensante rejette, en lui deman­dant de nous aider à assumer notre devoir envers eux. Il y va de la survie de notre communauté de croyants. Amen.