Notre Unité Pastorale

Homélie pour le 26e dimanche du Temps Ordinaire (Chapelle des Martinets)

Comme nous l’entendons souvent, le prophète nous invite à écouter. Et c’est d’ailleurs le premier commandement donné au peuple d’Israël : « Ecoute ». Dans la liturgie, c’est Dieu qui nous parle et nous accueillons cette parole comme une nourriture pour notre vie. Il ne s’agit ni d’une parole quelconque, ni d’une parole anonyme. Dieu vient vers nous, il s’adresse à nous que ce soit par la voix de ses porte-parole ou par son Fils unique. C’est la voix du Père qui conduit son peuple ; c’est la voix du Verbe fait chair qui donne sa vie pour ses amis. Ce que nous écoutons vient nourrir notre vie spirituelle et nous apprend à vivre à l’imitation du Christ. Dans cette parole, notre humanité est comme renouvelée, elle retrouve la source de tout amour. Dieu nous rejoint par sa parole et nous accompagne dans toutes les étapes de notre vie, aussi bien dans les heures joyeuses que dans les heures plus douloureuses. Par sa parole, le Père nous trace un chemin et son Fils nous appelle à le suivre et à l’annoncer à toutes les nations. Il est donc important que nous soyons vraiment à l’écoute, pas seulement pour savoir mais aussi pour pouvoir mettre en œuvre la parole écoutée.

Jésus fait remarquer aux grands prêtres et aux anciens du peuple qu’ils n’ont pas cru à la parole. Pourtant, ils sont les spécialistes de la Loi. Ils passent la plus grande partie de leur temps à l’étudier, à la décortiquer et à l’enseigner aux autres. Il leur manque peut être la simplicité de se mettre à la disposition de la Parole. Ils savent se servir de la Parole, mais ils oublient d’être au service de cette Parole. Ils transforment cette Parole en prescriptions et règlements, mais ils oublient qu’elle est une Parole à vivre, une Parole pour la vie. Ils se réfèrent à leurs compétences et à leur autorité, mais ils oublient la nécessaire humilité de celui qui reçoit, qui accueille et qui se conforme à la Parole écoutée. La leçon donnée par Jésus est claire : quoi que nous ayons vécu, quels que soient les chemins sur lesquels nous avons marché, quelles qu’aient pu être nos fautes et notre péché, si nous écoutons la parole et nous convertissons à la bonne nouvelle, si nous croyons que l’amour de Dieu est vainqueur, alors nous avons notre place dans le royaume de Dieu.

Comme saint Paul nous y invite, contemplons le Christ car c’est lui la Bonne Nouvelle. Il ne cesse de venir à notre rencontre pour nous appeler à une vie nouvelle. Tout ce qu’il est, ce qu’il a, il nous l’offre. Ainsi nous pouvons apprendre à vivre comme lui et à avoir en nous les dispositions qui sont dans le Christ Jésus. Il a pris la condition de serviteur et il s’est donné totalement et librement pour que nous ayons la vie, et que nous l’ayons en plénitude. Il a accepté la mort de la croix pour briser à jamais la puissance du mal et le Père l’a ressuscité d’entre les morts afin que nous ressuscitions en lui. Par notre baptême, nous avons été plongés dans ce mystère pascal et c’est dans la lumière du Ressuscité que nous sommes appelés à vivre chaque instant de notre vie.

Toutes et tous, nous sommes en chemin et c’est justement sur ce chemin de notre humanité que Jésus aime à nous rejoindre. Après avoir ouvert nos yeux et réchauffé notre cœur, il nous envoie pour que nous partagions l’Evangile avec tous ceux que nous rencontrons. Nous sommes les témoins de sa présence et de son amour et cela doit être visible dans notre vie, à travers nos actes et nos engagements. A l’appel du prophète Ezéchiel, il nous faut donc nous détourner de tout ce qui pourrait porter atteinte ou faire obstacle à cet amour que Dieu veut offrir à tous les peuples. Et, dans ce même sens, saint Paul vient nous donner des conseils pratiques pour que sa joie son complète : avoir de la tendresse et de la compassion les uns pour les autres, nous aimer et rechercher l’unité. C’est cela avoir les dispositions qui sont dans le Christ Jésus.

Aujourd’hui encore, laissons-nous remettre en question par la Parole de Dieu. Elle est là pour nous aider à grandir dans la foi et pour nous apprendre à vivre en vérité notre vie humaine. Elle vient éclairer notre liberté pour que nous sachions choisir ce qui nous conduit sur le chemin de l’amour et de la vie. Gardons-la dans la mémoire de notre cœur et n’hésitons pas à y revenir, à la ruminer, à la rendre présente et vivante tout au long des jours de cette semaine. Le Seigneur nous dit : vient travailler à la vigne. Ne faisons pas comme si nous n’entendions pas, ne nous laissons pas distraire ou détourner par tous les bruits de notre terre. L’appel est lancé et cette parole vient allumer en nous le feu de l’amour. Allons avec confiance à la suite du Christ et soyons heureux de travailler avec lui pour la victoire définitive de l’amour et de la vie.