Notre Unité Pastorale

Homélie pour le 27e dimanche du Temps Ordinaire (St-Pierre)

La Parole de Dieu vient parfois nous bousculer et nous réveiller car elle veut susciter en nous un élan et un dynamisme renouvelés. Elle ne vient pas seulement nous raconter des histoires, mais elle vient au cœur même de notre histoire de vie – aussi bien personnelle que communautaire – pour nous redire l’Amour de Dieu et pour nous appeler à en être les témoins. Saint Paul vient d’ailleurs de nous dire : « Ce que vous avez appris et reçu, ce que vous avez vu et entendu de moi, mettez-le en pratique ». C’est là la première mission des baptisés dans le monde : mettre en pratique, donner une visibilité à la Parole, montrer par leur vie que cette Parole est pour le bonheur et la paix. Le chrétien est justement celui qui apporte le Christ dans toutes les réalités de sa vie personnelle, familiale, sociale.

Il suffit de parcourir l’évangile pour constater que le Christ revient avec insistance sur cette béatitude, autrement dit sur ce chemin de bonheur, « bienheureux ceux qui écoutent la Parole de Dieu et qui la mettent en pratique ». L’écoute est indispensable pour nourrir notre vie spirituelle et notre relation personnelle avec Dieu, mais n’oublions pas la deuxième partie de la phrase, « et qui la mettent en pratique ». Nous ne sommes pas des spécialistes en chambre de la Parole mais des artisans qui font que, par et dans leur vie, cette Parole prend chair et soit ainsi offerte à tous. Le Christ lui-même est à l’écoute de son Père et de sa volonté ; c’est lui qui nous apprend à dire « non pas ce que je veux mais ce que toi, Père, tu veux ». La Vierge Marie elle aussi est à l’écoute du message de l’ange et elle dit ensuite : « qu’il m’advienne selon ta parole ». Ecouter la Parole et la mettre en pratique, voilà l’itinéraire de notre vie baptismale. Et voilà aussi notre responsabilité et notre mission.

Baptisés, nous sommes envoyés pour travailler à la vigne du Seigneur, et cette vigne, c’est le monde. Le monde n’est pas une réalité virtuelle, c’est notre propre famille, notre lieu de travail, là où nous vivons. Avec celles et ceux qui partagent notre vie, nous nous engageons comme des serviteurs de la Bonne Nouvelle qui peut renouveler la vie de notre société. L’amour et la vie de Dieu qui nous sont offerts par le baptême font de nous des enfants bien-aimés du Père, des disciples du Christ, des créatures nouvelles dans la présence de l’Esprit Saint. Dieu a jeté dans la terre de notre cœur une semence en vue d’une vie nouvelle. A nous d’être vigilants pour permettre à cette semence de porter de beaux et abondants fruits. Le prophète Isaïe nous avertit et nous pose une question : J’attendais de beaux raisins, pour en as-tu donné de mauvais ? Cela nous renvoie à une autre question : que faisons-nous de notre baptême ? Rappelons-nous : nous avons été plongés dans le mystère pascal du Christ, libérés du péché pour vivre de sa vie ; nous avons reçu l’onction qui fait de nous un Christ, un porte-parole de l’évangile, un serviteur de nos frères et sœurs, un bâtisseur du royaume ; nous avons reçu la lumière du Ressuscité qui nous associe à sa victoire. En vivons-nous vraiment ? N’aurions-nous pas besoin de raviver, d’entretenir, de faire fructifier ce qui a été semé en nous ? Tout au long de notre vie, nous sommes tous en apprentissage car nous n’avons jamais fini de découvrir la beauté mais aussi les exigences de notre baptême.

Vivre notre baptême, c’est suivre le Christ et lui ouvrir nos portes. Son désir est de demeurer chez nous pour nous apprendre à vivre en vérité. En s’asseyant à notre table, il vient ouvrir nos yeux et nous fait découvrir la splendeur de l’Amour du Père. Il vient réchauffer notre cœur et fait de nous des missionnaires de la vie et de l’amour. Vivre notre baptême, c’est découvrir la joie de mettre en pratique la Parole de Vérité qui est chemin de bonheur accessible à tous. C’est aussi se laisser choisir par le Christ afin que, comme lui, nous marchions sur le chemin de l’amour qui va jusqu’au bout du don. Toute vie nouvelle est le fruit d’un amour reçu et partagé, le fruit d’un amour qui donne sens à la vie. Et Jésus nous montre dans sa propre vie humaine que le plus bel amour est celui qui se donne pour ses amis. Nous sommes ses amis, y compris lorsque nous le délaissons ou le trahissons, lorsque nous l’oublions ou le rejetons. Jésus est notre enseignant et notre maître parce qu’il est avant tout le témoin de l’Amour du Père, Celui qui met en pratique ce qu’il a reçu du Père. C’est lui la pierre angulaire de cette construction nouvelle qu’est le royaume de Dieu. C’est lui la pierre d’angle de notre vie baptismale.