Notre Unité Pastorale

Homélie pour le 27e dimanche du Temps Ordinaire (Granges-Paccot)

Frères et sœurs dans le Christ,

Voilà une nouvelle parabole de Jésus qui ne pouvait pas laisser ses auditeurs in­différents. Quelle est la situation ? Le maître de la vigne a passé un contrat de fermage avec ses vignerons. Ceux-ci sont donc en quelque sorte les ouvriers et il est normal que la récolte revienne au propriétaire. Mais voilà que les vignerons se mettent en tête de s’emparer de cette vigne de manière frauduleuse. Ils refusent donc de remettre les fruits de la vigne. Ils maltraitent les envoyés… Pire, quand vient l’héritier, ils le tuent, avec l’illusion d’obtenir l’héritage du maître.

Il nous faut maintenant réfléchir sur le sens de cette parabole : la vigne, c’est le monde, la création avec tous ses habitants. Les vignerons, ce sont les responsa­bles du peuple d’Israël que Dieu s’était choisi. En effet, ici, Jésus s’adresse aux pha­risiens et aux chefs des prêtres. Ce sont eux qui sont censés diriger et instruire le peuple et le mener à Dieu. La récolte, c’est tout le bien que génère la Parole de Dieu quand elle est mise en pratique. Au cours de l’histoire du peuple de Dieu, il est vrai que les vrais prophètes et les sages ont souvent été maltraités, parce que le peuple préférait être caressé dans le sens du poil que de suivre les consignes de conversion. Quand Jésus parle de l’héritier qui sera tué par les mauvais vignerons, la parabole devient prophétie sur son propre sort à venir. Nous entendons la fou­le, dans le récit de la Passion, crier à Pilate à plusieurs reprises : « Crucifie-le ! Crucifie-le ! ».

Et Jésus de conclure en posant la question : qu’adviendra-t-il à ces vignerons rebelles. La réponse vient immédiatement : « Il les fera périr misérablement. » Ainsi, dans leur aveuglement, les chefs des prêtres et les pharisiens ne se rendent pas compte qu’ils viennent de prononcer leur propre condamnation devant Dieu.

Cette parabole ne peut nous laisser indifférents aujourd’hui. En préparant le synode sur la jeunesse, l’Eglise est placée devant de grands défis pastoraux. Elle n’est pas propriétaire de la Parole de Dieu, mais doit la gérer pour le bien de l’humanité. D’un côté, elle ne peut pas tout simplement cautionner ce que pro­pose notre société sécularisée. Mais de l’autre, elle doit avoir le souci d’une pas­torale qui encourage les gens en situation délicate. Le bon pasteur est venu sur­tout pour les brebis en difficulté. J’aime bien aussi l’image proposée par le pape François : « L’Eglise doit être un hôpital de campagne. » Donc, toujours sur la brèche et se remettre en question régulièrement. Encore une fois, Dieu, maître de sa vigne, renouvelle sa confiance à ses vignerons d’aujourd’hui ; en sommes-nous suffisamment conscients ?

Dans sa lettre aux Philippiens, St Paul nous a tracé le chemin du salut : il faut tout simplement mettre en pratique les enseignements de la Parole qu’il leur a ensei­gné : « Tout ce qui est vrai et noble, tout ce qui est juste et pur, tout ce qui est digne d’être aimé et honoré… prenez-le à votre compte. » Et encore : « La paix de Dieu, qui dépasse tout ce que l’on peut imaginer, gardera votre cœur et votre in­telligence dans le Christ Jésus. » Quel équilibre ! En effet, il faut que le cœur et l’in­telligence soient tous deux impliqués. Une religion basée uniquement sur le sentiment ne tient pas la route. Au moindre obstacle, c’est la panique et la défec­tion. Et une foi basée uniquement sur la raison demeure sèche et reste accrochée aux préceptes, sans amour.

Alors, ce sont 3 démarches ou étapes qui nous sont proposées, par rapport à la Parole de Dieu. Il faut d’abord la recevoir avec un cœur ouvert et sans préjugés. Il faut ensuite la prier pour qu’elle nous transforme et enfin la célébrer : ce sera no­tre façon de remettre à Dieu les fruits de la récolte qui lui reviennent.

Dans nos vignobles, c’est maintenant le temps de la récolte… n’en est-il pas de même dans notre vie de foi ? Amen.